Face au nombre croissant de villes soumises à des pressions urbaines, la cité écologique à la française fascine certains États. Elle intéresse notamment Astana, capitale du Kazakhstan, première à expérimenter à l’étranger notre modèle de durabilité. Depuis 2008, les autorités françaises ont ainsi noué un partenariat à visée économique avec ce pays au potentiel commercial avéré. « Astainable », contraction de Astana et de sustainable, vient aujourd’hui renforcer cette coopération à l’aide de trois grands groupes nationaux – Eiffage, Egis et Engie –, qui ont eu l’idée de rassembler un club d’industriels et des entreprises de toutes tailles, parfois concurrentes. Leur but : « Réaliser la promotion du savoir-faire français pour l’exportation et se servir pour cela d’un outil innovant, une plateforme numérique basée sur des technologies issues du jeu vidéo », explique Valérie David, directrice du développement durable chez Eiffage. Il s’agit d’analyser de manière globale le territoire pour faire apparaître des scénarios de développement sur quinze ans. Le spectateur est alors immergé dans une réalité virtuelle : « Nous allons pouvoir nous déplacer à différentes échelles, d’abord au-dessus de la métropole à peu près à 70 mètres de hauteur, puis à 30 mètres et jusqu’à l’échelle humaine, celle du piéton », reprend l’experte. Et demain ? L’initiative, actuellement testée à Libreville, au Gabon, a pour visée de rendre systématique la simulation 3d sur des environnements citadins. « La plateforme numérique permettrait une parenthèse d’écoute et de dialogue où tout le monde pourrait intervenir (…) et là, nous serions vraiment dans la co-construction, insiste Valérie David. Sans oublier bien sûr l’opportunité économique, la plateforme permettant aussi de valider des scénarios d’investissements avant qu’ils ne soient lancés. »
